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Parcourir Beyazıt entre la place impériale et le marché des livres Sahaflar

Vivez la magie de Beyazıt ! Entre place impériale et vieux livres du Sahaflar, lâme dIstanbul soffre à vous. Suivez notre guide pour un voyage unique.

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Je me souviens d’un mardi d’octobre, vers 10h00, alors que l’air frais de la Corne d’Or remontait encore vers les collines de la cité. J’étais assis sur une marche de pierre, à l’ombre de la porte monumentale de l’Université d’Istanbul, un Çay brûlant à la main payé 25 TL (soit exactement 0,50 EUR avec le taux actuel de 50 TL pour 1 EUR). À cet instant précis, le brouhaha électrique du Grand Bazar, situé à quelques dizaines de mètres, semblait appartenir à un autre monde. Ici, sur la place Beyazıt, le temps ralentit. On n’y vient pas pour négocier des copies de sacs de luxe, mais pour capter l’âme intellectuelle et impériale de la ville.

Loin du tumulte pailleté des boutiques de souvenirs, il existe un passage discret où l’odeur du vieux papier et l’écho des discussions académiques remplacent le racolage des marchands : bienvenue à Beyazıt. Ce quartier est mon refuge personnel depuis quinze ans quand l’agitation touristique de Sultanahmet devient trop lourde. Le Sahaflar Çarşısı, ce marché aux livres niché entre la mosquée et le bazar, reste l’un des rares endroits où l’on peut encore débusquer une édition usée de poésie ottomane ou une carte jaunie de la ville sans se faire héler toutes les deux secondes.

Certes, l’esplanade peut paraître austère sous un soleil de plomb et les courants d’air y sont parfois traîtres en hiver, mais c’est justement ce qui fait la force du lieu : c’est une part d’Istanbul authentique, brute, qui ne cherche pas à plaire à tout prix. Pour éviter la cohue des sorties de cours vers 16h00, mon astuce est simple : arrivez par le tramway T1, traversez la place en direction de la mosquée de Beyazıt, et glissez-vous dans la petite porte dérobée menant aux bouquinistes. C’est là, entre deux piles de manuscrits et l’ombre d’un platane centenaire, que le véritable voyage commence.

La Place Beyazıt : Entre grandeur impériale et vie étudiante

La place Beyazıt n’est pas qu’un simple carrefour vers le Grand Bazar, c’est le cœur battant où la solennité de l’histoire impériale percute l’énergie brute de la jeunesse turque. Trop de voyageurs commettent l’erreur de traverser cet espace sans s’y arrêter, alors que c’est ici, sur l’ancien Forum de Théodose, que l’on prend véritablement le pouls de la ville.

Un balcon sur l’histoire et le quotidien

L’immensité de la place, officiellement baptisée Place de la Liberté, peut déconcerter par son ouverture. Le spectacle des milliers de pigeons s’envolant au son de l’Adhan est une scène qui n’a pas changé depuis des décennies. Je me rappelle avoir fait l’erreur de traverser la place en plein après-midi en juillet dernier : le thermomètre affichait 34°C et la réverbération sur les dalles blanches était aveuglante. J’ai dû bifurquer d’urgence vers le petit parc à gauche de la bibliothèque pour trouver un banc à l’ombre et reprendre mon souffle.

Mon rituel préféré consiste à arriver vers 8h30, juste avant que la chaleur ne plombe l’esplanade. C’est le moment où les vagues d’étudiants se pressent pour franchir la Porte de l’Université d’Istanbul. Cette structure monumentale, mélange fascinant de styles byzantino-ottomans, est le cadre incontournable pour un cliché mémorable. Si vous devez circuler avec des enfants à Istanbul entre astuces logistiques et parcs de détente, sachez que le nord-est de la place offre les surfaces les plus lisses pour les poussettes, loin des pavés disjoints des ruelles adjacentes.

L'entrée monumentale de l'université d'Istanbul sur la célèbre place Beyazıt.

Le revers de cette effervescence est la présence de solliciteurs un peu trop zélés. Pour profiter de l’endroit en toute sérénité, il est essentiel de savoir reconnaître les arnaques classiques et circuler en sécurité à Istanbul afin de ne pas se laisser distraire par les pièges à touristes habituels.

Sarp’s Insider Tip: Attention aux ‘cireurs de chaussures’ sur la place Beyazıt. Si l’un d’eux laisse tomber sa brosse devant vous, ne la ramassez pas. C’est le début d’une interaction forcée pour vous soutirer de l’argent. Un simple ‘Hayır’ (Non) ferme suffit.

Vue de la mosquée de Beyazıt depuis la place impériale d'Istanbul au soleil.

La Mosquée de Beyazıt : La sérénité retrouvée

Oubliez la file d’attente interminable et le brouhaha de Sultanahmet ; la Mosquée de Beyazıt est le véritable cœur spirituel où l’on peut encore entendre le silence. C’est ici, dans la plus ancienne mosquée impériale subsistant à Istanbul, que je viens me réfugier quand la foule du Grand Bazar devient étouffante. Contrairement à la Mosquée Bleue qui ressemble parfois à un terminal d’aéroport en haute saison, Beyazıt conserve une dignité paisible.

L’architecture commandée par le Sultan Bayezid II marque l’apogée de l’architecture ottomane classique avant l’ère de Sinan. Ce qui me frappe à chaque visite, c’est le contraste chromatique saisissant : le granite rose des colonnes de la cour, probablement récupéré de monuments antiques, se détache magnifiquement sur la pierre de taille d’une blancheur immaculée. Mardi dernier, vers 10h30, j’étais presque seul sous les arcades du Külliye, observant un artisan restaurer discrètement un panneau de bois.

Si vous prévoyez de réussir son séjour à Istanbul pendant le mois du Ramadan, sachez que cette mosquée retrouve une ferveur particulière, avec des lectures du Coran qui résonnent sous la coupole tout l’après-midi. Un petit thé (Çay) dans les jardins extérieurs vous coûtera environ 25 TL (soit 0,50 EUR), un prix local préservé.

Détail d'une porte dorée et d'arcades dans la cour de la mosquée Beyazıt.

Mes recommandations pour une visite immersive :

  1. Observez les calligraphies intérieures : Elles sont l’œuvre de Şeyh Hamdullah et dégagent une force tranquille.
  2. Détaillez les chapiteaux des colonnes : Le mélange de styles montre comment les Ottomans ont intégré l’héritage byzantin.
  3. Le jardin des sépultures : Situé derrière la mosquée, il abrite le mausolée du Sultan Bayezid II.
  4. La cour intérieure à portiques : C’est l’endroit idéal pour capter la lumière du matin.

La fontaine d'ablutions au centre de la cour intérieure de la mosquée Beyazıt.

Sahaflar Çarşı : Le sanctuaire des amoureux des livres

Le Sahaflar Çarşısı se mérite : si vous ne guettez pas la petite voûte de pierre nichée entre la mosquée de Beyazıt et la porte 7 (Fesçiler) du Grand Bazar, vous passerez devant sans même le remarquer. Ce n’est pas un simple marché, c’est le cœur battant de la vie intellectuelle d’Istanbul depuis le XVe siècle.

Lors de ma dernière visite, un mardi matin vers 10h pour éviter la foule des étudiants, j’ai déniché une édition française de 1950 sur l’histoire de Péra. Le prix affiché était de 400 TL, mais après une discussion amicale avec le libraire, je l’ai obtenue pour 250 TL (soit 5 EUR). Si vous souhaitez acheter des souvenirs authentiques et produits locaux à Istanbul au juste prix, délaissez les magnets industriels et cherchez ici des pièces qui ont une âme, comme des gravures anciennes ou des reproductions de calligraphies.

Que chiner pour rapporter un morceau d’histoire ?

  • Les cartes postales de l’époque ottomane : Scènes de vie sur le Bosphore totalement disparues.
  • La calligraphie (Hat) : Des reproductions de grande qualité réalisées par des maîtres locaux.
  • Les vieux Corans : Certains possèdent des reliures en cuir travaillées à la main.
  • Les gravures de Constantinople : Idéales pour une décoration d’intérieur raffinée.

S’orienter et se restaurer à Beyazıt sans se ruiner

Ne mangez jamais sur les terrasses qui bordent directement la place de Beyazıt, face au tramway. C’est le piège classique. Pour manger comme nous, les Stambouliotes, il suffit de s’éloigner de cinquante mètres vers les rues latérales qui mènent à la bibliothèque.

Le réflexe du local : du croquant et du calme

Mon rituel préféré reste le plus simple : acheter un Simit bien doré et couvert de sésame auprès du vendeur ambulant stationné près de la mosquée. Pour environ 20 TL (0,40 EUR), vous avez le meilleur en-cas de la ville. Je m’installe souvent sur l’un des rebords en pierre pour observer le ballet des pigeons. Si l’agitation urbaine devient trop pesante, certains choisissent de marcher dans la forêt de Belgrad entre sentiers sauvages et aqueducs ottomans le lendemain pour compenser la densité du centre.

Sarp’s Insider Tip: Pour une vue imprenable et gratuite sur la tour de Beyazıt, placez-vous exactement au centre de l’arche de la porte principale de l’université. La perspective est parfaite pour une photo.

Une immersion silencieuse à la Bibliothèque d’État

La Bibliothèque d’État de Beyazıt est mon refuge secret. Ce bâtiment historique cache une rénovation moderne absolument époustouflante, faite de verre et de pierre. L’accès est gratuit, mais le silence y est sacré. J’y vais souvent pour admirer comment l’architecture contemporaine s’imbrique dans les coupoles ottomanes. C’est le contraste parfait avec l’agitation extérieure.

Comment optimiser votre passage :

  1. Achetez votre Simit dès votre arrivée sur la place pour éviter les files d’attente de midi.
  2. Rejoignez l’axe central de la porte monumentale de l’université pour la photo parfaite.
  3. Pénétrez dans la Bibliothèque d’État par la rue latérale pour dix minutes de fraîcheur.
  4. Évitez de solliciter les cireurs de chaussures ; un simple “Hayır” ferme suffit.

L’esprit de Beyazıt

Beyazıt est cette respiration nécessaire entre le tumulte marchand du Grand Bazar et la solennité de Sultanahmet. On y ressent physiquement le poids de l’histoire sous la porte monumentale de l’Université, mais ce qui me frappe à chaque fois que j’y repasse, c’est cette vitalité brute. Les étudiants s’y pressent, un livre d’occasion déniché à Sahaflar sous le bras, ignorant presque la majesté des dômes qui les surplombent.

Mon rituel, loin des parcours fléchés, c’est de m’installer sur l’un des bancs en pierre près de la fontaine centrale, idéalement vers 13h00, juste après la fin de la prière. C’est le moment précis où la place s’anime d’un coup : les pigeons s’envolent dans un fracas d’ailes et les terrasses se remplissent. On y voit l’âme de ma ville dans toute sa vérité : le porteur de thé qui slalome entre les passants et le vieux libraire qui discute philosophie avec un jeune en jean déchiré.

Si vous sentez la fatigue du voyageur vous gagner, ne cherchez pas un café branché immédiatement. Prenez simplement dix minutes sur ce banc. Regardez ce ballet. C’est là, dans ce mélange de grandeur ottomane et de quotidien estudiantin, que vous saisirez enfin ce que signifie être Stambouliote. Une petite mise en garde de local : si un cireur de chaussures “perd” sa brosse devant vous en marchant, ne le rappelez pas et continuez votre route. C’est une mise en scène classique pour entamer une conversation qui finit souvent par un tarif excessif pour un service non sollicité. Contentez-vous de sourire et de laisser la vie de la place défiler sous vos yeux.

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