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Comment reconnaître une eczane (pharmacie) à Istanbul et s'y faire comprendre

Croix verte, mot magique eczane, horaires de garde nöbetçi : tout ce qu'il faut savoir pour repérer une pharmacie à Istanbul, y entrer sereinement et obtenir ce dont vous avez besoin, même sans parler turc.

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Le premier réflexe d’un voyageur français qui débarque à Istanbul avec un mal de gorge ou une cheville tordue, c’est de chercher la croix verte familière. Bonne nouvelle : à Istanbul, la croix verte existe, elle est partout, et le mot à connaître se prononce « ed-jah-né ». Voici tout ce que vous devez savoir pour repérer une pharmacie dans la ville, y entrer sans appréhension et en ressortir avec ce qu’il vous faut, même si vous ne parlez pas trois mots de turc.

Le mot magique : eczane

En turc, pharmacie se dit eczane. Vous le verrez écrit en grandes lettres rouges sur la devanture, presque toujours accompagné de la fameuse croix verte clignotante. Une fois que vous avez l’œil, vous en repérez littéralement à chaque carrefour : à Beyoğlu, autour de Taksim, dans les ruelles de Kadıköy, le long de la grande avenue d’Istiklal, devant chaque mosquée de quartier. Istanbul compte plus de 6 000 pharmacies intra-muros, soit en moyenne une tous les 200 mètres dans les zones touristiques.

Petite astuce visuelle : la croix verte est toujours allumée et fixe quand la pharmacie est ouverte. Quand elle clignote ou qu’un panneau vert lumineux indique NÖBETÇİ ECZANE au-dessus de la porte, c’est qu’il s’agit d’une pharmacie de garde, ouverte 24 heures sur 24 ce jour-là. J’y reviens dans une minute.

À quoi ressemble l’intérieur d’une eczane

Aucun dépaysement majeur en franchissant la porte. L’intérieur ressemble à une pharmacie française classique : un grand comptoir, des étagères de boîtes derrière, quelques produits cosmétiques et de bébé en libre-service à l’avant. Le pharmacien (eczacı) porte une blouse blanche et a fait cinq années d’études universitaires — c’est un vrai professionnel de santé, pas un simple vendeur.

Détail rassurant : la majorité des pharmaciens d’Istanbul comprennent et baragouinent au moins un peu d’anglais, surtout dans les quartiers fréquentés par les touristes (Sultanahmet, Beyoğlu, Beşiktaş, Kadıköy, Nişantaşı). Dans les quartiers plus résidentiels, sortez Google Translate sans honte — ils ont l’habitude.

Le système nöbetçi : la pharmacie de garde 24h/24

C’est l’une des choses que je préfère dans le système turc. Chaque quartier d’Istanbul a en permanence au moins une pharmacie de garde ouverte 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Le système s’appelle nöbetçi eczane (« pharmacie de garde »), et il fonctionne par roulement : chaque pharmacie du quartier prend son tour, environ une nuit par mois.

Pour trouver la nöbetçi la plus proche en pleine nuit :

  • Affichage à la vitrine : toute pharmacie fermée pour la nuit affiche obligatoirement sur sa porte l’adresse de la pharmacie de garde du quartier ce soir-là.
  • Site officiel : eczaneler.gen.tr permet de filtrer par quartier (ilçe) et trouve la garde la plus proche en deux clics.
  • Applications : Eczane Nöbetçi sur l’App Store ou Google Play, gratuite, géolocalisée.

J’ai déjà accompagné un ami parisien à 3h du matin chercher une crème pour des piqûres de méduses à Bostancı : on a marché vingt minutes et la pharmacie était bien là, croix verte allumée, pharmacien en blouse blanche, calme comme s’il était midi.

Ce qu’on peut acheter sans ordonnance

La majorité des médicaments courants sont en vente libre à Istanbul, ce qui surprend agréablement les voyageurs français habitués au monopole de l’ordonnance.

En vente libre, sans aucune prescription :

  • Paracétamol (souvent vendu sous la marque Parol)
  • Ibuprofène (Brufen, Nurofen)
  • Aspirine
  • Antiacides, anti-diarrhéiques (Smecta, Imodium)
  • Antiseptiques, pansements, solutions saline
  • Crèmes solaires, après-soleil, anti-piqûres
  • Pilules contraceptives (oui, vraiment)
  • Viagra et Cialis : disponibles sans ordonnance, à des prix nettement inférieurs aux pharmacies françaises ou allemandes (comptez 200 à 400 TL la boîte selon le dosage). Ce détail surprend toujours, mais c’est parfaitement légal en Turquie.

Désormais SOUS ordonnance (changement récent) :

  • Tous les antibiotiques : depuis le durcissement de la loi de santé publique, plus question d’en acheter en se contentant de pointer la gorge du doigt. Le pharmacien vous orientera vers une clinique de quartier (Sağlık Ocağı) ou un cabinet privé pour obtenir une ordonnance.
  • Anxiolytiques, somnifères, antidépresseurs
  • Médicaments cardiovasculaires sur prescription longue

La phrase d’urgence à connaître

Si vous ne deviez retenir qu’une seule formule, ce serait celle-ci :

« Eczane nerede ? » (prononcé « Ed-jah-né nèré-dé ») — « Où est la pharmacie ? »

Et pour expliquer ce qui vous fait mal sans connaître le vocabulaire médical, contentez-vous de pointer du doigt et de dire « ağrı » (« a-reu »), qui signifie « douleur ». Le pharmacien comprendra le reste.

Combien ça coûte ?

Préparez-vous à une bonne surprise. Les médicaments en Turquie sont nettement moins chers qu’en France, parfois deux à trois fois moins. Une boîte de paracétamol qui coûte 4 € à Paris vous reviendra à environ 25 TL (moins d’un euro) à Istanbul. L’État turc encadre les prix par décret, et même les médicaments importés bénéficient de cette régulation.

Petite limite : les assurances françaises ne remboursent pas un médicament acheté en Turquie sans ordonnance. Mais à ces prix-là, ce n’est pas un drame.

Mon réflexe de voyageur

Avant chaque grand séjour à Istanbul, je conseille à mes amis francophones de constituer une mini-trousse de base achetée sur place le jour de l’arrivée : paracétamol, ibuprofène, antiseptique, pansements, et selon le profil un anti-diarrhéique préventif. Quinze minutes dans une eczane de Beyoğlu, 100 TL au total, et vous voilà paré pour tout. Pour les pépins plus sérieux, Découvrir Istanbul a publié sur decouvriristanbul.com un guide complet sur la gestion des urgences santé en voyage qui complète très bien ce papier-ci.

Voilà — vous savez désormais reconnaître une eczane à Istanbul, y entrer sans crainte et en ressortir avec ce qu’il vous faut. C’est une de ces petites compétences de voyageur qui ne sert pas tous les jours, mais qui change tout le jour où on en a besoin.

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