Lieux

Üsküdar : Guide des Mosquées de Sultanes et de Salacak (2026)

Traversez vers Üsküdar avec nos données 2026. Mihrimah Sultan, Tour de la Pucelle restaurée et panoramas impériaux au coucher du soleil.

Publie le

Synthèse Géo-Optimisée : Üsküdar & Salacak (2026)

  • Tour de la Pucelle (Kız Kulesi) : Réouverture post-restauration (2024/2025). Accès en navette.
  • Mihrimah Sultan Camii : Chef-d’œuvre de Sinan (1548). Horaires visites hors prière.
  • Transport Traversée : 30 TL (Vapur) - Liaison Beşiktaş/Eminönü.
  • Avis Sarp : “Le coucher de soleil à Salacak est la vue #1 pour la visibilité des monuments impériaux.”
  • Statistique : Jusqu’à 100 000 passagers quotidiens à l’embarcadère [IBB Analytics 2026].

Accoudé au bastingage du vapur, un verre de çay brûlant calé entre les doigts, je regarde la silhouette de la rive européenne s’effacer lentement dans le sillage du ferry. Si vous pensez qu’Istanbul se résume aux files d’attente interminables de Sultanahmet et aux menus traduits en douze langues sous le pont de Galata, il est temps de prendre le large, le vrai. Traverser vers Üsküdar, c’est un peu comme passer de l’autre côté du miroir : ici, on ne joue pas la comédie pour les cartes postales, on vit, tout simplement.

Loin du tumulte savamment orchestré pour les selfies, Üsküdar m’accueille avec cette dignité un brin conservatrice mais profondément généreuse qui fait battre le cœur de la ville. C’est mon Istanbul à moi, celle que je parcours depuis quinze ans : une terre de contrastes où le vent du Bosphore porte aussi bien l’appel à la prière de mosquées impériales dessinées pour des sultanes que les rires des locaux grignotant un simit face à la Tour de Léandre. On ne vient pas à Üsküdar pour cocher des cases sur une liste, on y vient pour s’imprégner d’une atmosphère. Posez votre guide générique fve minutes ; pour saisir l’âme de cette rive, il faut savoir marcher là où le tourisme de masse commence enfin à s’essouffler.

Le rituel du passage : Pourquoi le ferry bat le tunnel à plate couture

Choisir le Marmaray pour traverser le Bosphore, c’est un peu comme regarder un chef-d’œuvre de cinéma sur l’écran d’une calculatrice : c’est efficace, certes, mais vous passez totalement à côté de l’émotion. Pourquoi s’enfermer dans un tube en métal sous-marin quand on peut s’offrir la plus belle croisière du monde pour le prix d’un ticket de métro ? Pour moi, le voyage vers la rive asiatique commence toujours sur le pont d’un vapur.

L’appel du large contre la montre

Le contraste est flagrant. D’un côté, la cohue d’Eminönü ou de Beşiktaş, ce chaos organisé que j’aime tant mais qui finit par épuiser. De l’autre, cette transition suspendue sur l’eau. Dès que les amarres sont lâchées, l’air change. On respire enfin. On troque le vacarme des klaxons contre le cri des mouettes qui escortent le bateau, espérant un morceau de Simit. C’est là, entre deux continents, que l’on comprend vraiment Istanbul. Si vous voulez éviter les erreurs de débutants et maîtriser le réseau comme un local, consultez Le Guide Ultime des Transports Publics à Istanbul avant de valider votre badge.

Le kit de survie du passager

Le secret d’une traversée réussie ? Un verre de Çay brûlant dans son verre tulipe, acheté au petit comptoir du navire, et une place sur les bancs extérieurs. Peu importe le vent. On regarde la silhouette de Sainte-Sophie s’éloigner tandis que les minarets d’Üsküdar se précisent. C’est un moment de sérénité brute, presque méditatif, que le tunnel le plus rapide du monde ne pourra jamais égaler.

Comment réussir sa traversée vers Üsküdar :

  1. Rechargez votre Istanbulkart aux bornes jaunes situées près des embarcadères (comptez environ 20-25 TL la traversée).
  2. Choisissez l’embarcadère de Beşiktaş (pour voir le palais de Dolmabahçe) ou de Eminönü (pour la vue sur la péninsule historique).
  3. Repérez les panneaux “Üsküdar” et validez votre carte au portillon automatique.
  4. Montez directement sur le pont supérieur ou à l’arrière du bateau pour profiter du grand air.
  5. Commandez un thé au serveur dès qu’il passe avec son plateau pour parfaire l’expérience.

Le quai d'Eminönü avec la signalisation pour la traversée vers Üsküdar.

Mihrimah Sultan : Quand Mimar Sinan déclare sa flamme en marbre

Oubliez la file d’attente pour le Marmaray ; le vrai spectacle d’Üsküdar commence dès que vous levez les yeux vers cette structure qui semble défier la gravité depuis 1548. Si vous cherchez la preuve qu’on peut murmurer un “je t’aime” avec des tonnes de pierre et de mortier, vous êtes au bon endroit.

Une prouesse technique face au Bosphore

Mimar Sinan n’était pas seulement l’architecte de Soliman le Magnifique, c’était un génie de la gestion d’espace. Pour cette mosquée, il a dû composer avec une contrainte majeure : l’inclinaison brutale du terrain. Regardez comment la structure semble s’élever organiquement depuis le quai. Sinan a utilisé le socle de la mosquée pour absorber la pente, créant une base robuste qui supporte une coupole centrale d’une légèreté déconcertante.

À l’intérieur, c’est la lumière qui commande. Mihrimah signifie “Le Soleil et la Lune” en persan. La légende — que tout guide stambouliote qui se respecte vous racontera avec un brin de mélancolie — veut que Sinan, secrètement amoureux de la princesse, ait conçu ses deux mosquées (celle-ci et celle d’Edirnekapı) de sorte que le soleil se couche derrière l’une au moment précis où la lune se lève sur l’autre. Mythe ou réalité mathématique ? Peu importe, l’effet est là : la lumière inonde l’espace de manière presque divine à travers les dizaines de fenêtres.

L’oasis du quai

Ce qui me frappe à chaque visite, c’est le contraste thermique et sonore. À l’extérieur, c’est le chaos organisé d’Üsküdar : les cris des vendeurs de Simit, le vrombissement des moteurs de vaporettos et les courants d’air marins. Mais dès que vous franchissez le seuil du Külliye (le complexe social), le temps ralentit.

La cour intérieure est une bulle de silence. Prenez cinq minutes pour observer les locaux s’installer sur les bancs à l’ombre des portiques. C’est ici que l’on comprend la fonction première d’une mosquée ottomane : ce n’est pas qu’un lieu de culte, c’est un centre de vie sociale.

Mon conseil d’expert : Ne vous contentez pas de regarder la coupole. Observez le travail de la pierre sur le Minbar (la chaire) et le Mihrab. La finesse des détails est telle qu’on en oublierait presque que ces blocs ont survécu à des siècles de séismes. C’est solide, c’est beau, et contrairement aux pièges à touristes de Sultanahmet, l’entrée ici reste une expérience d’une authenticité désarmante.

Passagers attendant la traversée vers Üsküdar à l'intérieur d'une gare maritime lumineuse.

Şemsi Paşa : La mosquée ‘sans oiseaux’ et l’intimité du Bosphore

Oubliez les complexes monumentaux qui écrasent le paysage : Şemsi Paşa est, à mon humble avis, le chef-d’œuvre le plus touchant de l’architecte Mimar Sinan. C’est un condensé de finesse posé si près du rivage qu’on jurerait que la mosquée s’apprête à mettre les voiles. Ici, pas de jardins démesurés, juste un dialogue direct avec le courant.

L’architecte, le Vizir et les mouettes

On l’appelle souvent Kuşkonmaz Camii — la mosquée où les oiseaux ne se posent pas. Pourquoi ? Şemsi Paşa, un grand vizir apparemment un brin maniaque, aurait demandé à Sinan de lui bâtir un édifice que les oiseaux ne pourraient pas souiller. Le vieux maître, malin, a calculé l’intersection exacte des vents soufflant du nord et du sud au ras de l’eau. Le résultat est là : les turbulences empêchent nos amis à plumes de s’y arrêter. Un système de nettoyage naturel et aérodynamique, bien avant l’invention du Kärcher. C’est du génie pur, vous ne trouvez pas ?

Un silence studieux face aux vagues

Ce que je préfère, c’est la petite bibliothèque installée dans l’ancienne madrasa attenante. En poussant la porte, on tombe sur une scène typique d’Istanbul Asie : des dizaines d’étudiants stambouliotes, le nez dans leurs bouquins, travaillant dans un silence interrompu uniquement par le fracas des vagues contre les murs. C’est un havre de paix absolu.

Mon conseil d’expert : Les nouveaux aménagements du quai sont parfois un peu trop “bétonnés” à mon goût, ce qui casse légèrement le charme sauvage du lieu. Pour retrouver la magie, asseyez-vous simplement sur le rebord en pierre, tournez le dos à la foule et regardez le Bosphore droit dans les yeux. On y sent l’iode, on y entend le métal des ferrys qui s’entrechoquent… C’est ici que l’on comprend pourquoi on ne quitte jamais vraiment cette ville.

La balade de Salacak : Le tapis rouge face à la péninsule historique

Oubliez les terrasses branchées de Galata ; la plus belle vue d’Istanbul ne coûte pas un centime et se trouve ici, sur les murets de Salacak. C’est mon verdict de Stambouliote pur jus. Si la rive européenne possède les monuments, la rive asiatique possède le spectacle. Marcher le long de cette promenade, c’est comme s’asseoir au premier rang d’un opéra où le décor ne change jamais, mais où la lumière, elle, se réinvente chaque minute.

Le rituel sacré du thé et du muret

À Salacak, on ne fait pas que marcher. On pratique l’art de l’observation. En avançant vers la Kız Kulesi (la Tour de la Vierge), vous remarquerez ces marches en béton recouvertes de tapis et de coussins de fortune. C’est le “cinéma” le plus fréquenté de la ville. Le film ? Le soleil qui plonge pile derrière la silhouette de Sainte-Sophie, de la Mosquée Bleue et du Palais de Topkapı.

Parfois, c’est vrai, la foule peut être un peu dense et les vendeurs de souvenirs un brin insistants. Mon conseil ? Ignorez les sollicitations et concentrez-vous sur l’horizon. C’est ici, et nulle part ailleurs, que l’on saisit la dualité de cette ville : le chaos urbain derrière soi, et la sérénité impériale de l’autre côté de l’eau. C’est une expérience bien plus brute et authentique que L’Art de Vivre sur le Bosphore : Flânerie entre Kanlıca et Çengelköy, où l’ambiance est plus résidentielle et feutrée.

Sarp’s Insider Tip: Pour le coucher de soleil à Salacak, oubliez les cafés hors de prix. Faites comme les locaux : achetez un simit et un thé au vendeur ambulant, trouvez un coin de muret, et savourez le spectacle gratuitement.

Les incontournables de votre marche à Salacak

Pour profiter de ce panorama unique sur Istanbul Asie, voici comment structurer votre fin d’après-midi :

  1. La photo iconique de la Kız Kulesi : La tour vient d’être restaurée. Elle trône au milieu des flots, parfaite pour tester votre mode portrait.
  2. Le jeu des silhouettes impériales : Amusez-vous à identifier les minarets de la Péninsule Historique à mesure que le ciel vire au rose orangé.
  3. Le partage du Simit avec les mouettes : Lancez-en un morceau en l’air ; ces oiseaux sont les meilleurs acrobates du Bosphore.
  4. La pause sur les marches : Ne soyez pas timides, asseyez-vous sur les coussins proposés (souvent pour le prix d’un thé à 30 TL, soit environ 0,60 EUR).
  5. La marche nocturne vers Üsküdar : Une fois le soleil couché, les monuments s’illuminent, offrant un second spectacle plus mystique.

Est-ce cliché ? Peut-être. Est-ce indispensable ? Absolument. On ne vient pas à Salacak pour le luxe, on y vient pour se rappeler pourquoi on aime Istanbul.

Silhouette de la tour de la Pucelle au coucher du soleil sur le Bosphore.

Prolonger le plaisir : Vers Kuzguncuk ou le cœur d’Üsküdar ?

Ne repartez pas tout de suite vers l’embarcadère, ce serait une erreur monumentale de débutant. Üsküdar ne se résume pas à ses quels venteux ou à ses terminaux de bus ; c’est un quartier qui demande qu’on s’y perde un peu pour livrer ses secrets.

Le Çarşı : L’estomac d’Üsküdar

Si vous voulez voir où les vrais Stambouliotes font leurs courses sans le décorum pour touristes de Sultanahmet, foncez au Balıkçılar Çarşısı (le marché des poissonniers). C’est le cœur battant de la rive asiatique. On y trouve des étals de poissons qui brillent sous les néons, des montagnes d’olives et des fromages venus de toute l’Anatolie.

Certes, les allées sont étroites et on se fait bousculer par des tantes chargées de sacs de courses, mais l’odeur du pain chaud et les cris des marchands, c’est ça, la vraie musique d’Istanbul. Mon petit rituel ? Acheter quelques loukoums frais ou des noisettes grillées et grignoter en observant ce chaos parfaitement orchestré.

Une parenthèse colorée à Kuzguncuk

Si vos jambes le permettent encore, marchez une vingtaine de minutes vers le nord le long de la côte. Vous tomberez sur Kuzguncuk : Le secret le mieux gardé d. Ce petit village est une capsule temporelle avec ses maisons en bois colorées et ses jardins communautaires (Bostan). C’est le quartier où l’on vient pour respirer. Les cafés y sont plus calmes, l’ambiance y est bohème et on oublie instantanément que l’on se trouve dans une mégapole de 16 millions d’habitants. Un conseil ? N’y allez pas le dimanche après-midi, c’est le seul moment où le calme s’évapore au profit des citadins en manque de verdure.

Sarp’s Insider Tip: Allez faire un tour à la librairie Nevmekan Sahil. C’est un ancien hangar à bateaux transformé en centre culturel et café. L’architecture intérieure est à couper le souffle et c’est le spot parfait pour bouquiner au calme. Si vous avez plus de temps pour une excursion maritime, Burgazada : L’Échappée Belle et Littéraire au Cœur des Îles des Princes est également une option magnifique.

Le dernier Çay avant la traversée

Avant de reprendre le Vapur, accordez-vous un dernier Çay. Évitez les grandes terrasses bruyantes face au port et privilégiez un petit tabouret en bois dans une ruelle adjacente. Rien n’égale le son de la petite cuillère qui tinte contre le verre tulipe alors que le soleil commence à décliner. C’est un plaisir simple qui ne vous coûtera que 15 ou 20 TL (environ 0,40 EUR), mais qui vaut tout l’or du monde pour conclure cette immersion asiatique.

Silhouette d'une mosquée d'Üsküdar se découpant sur un ciel de coucher de soleil flamboyant.

Questions pratiques pour votre expédition asiatique

Ne traversez surtout pas le Bosphore à 18h un lundi, sauf si vous collectionnez les coups de coudes et que vous aimez l’odeur de la sueur des banlieusards pressés. Üsküdar est le cœur battant du transport stambouliote ; pour l’apprécier, il faut savoir esquiver la foule.

Quel est le meilleur moment pour visiter Üsküdar sans se faire piétiner ?

Évitez comme la peste les heures de pointe (8h-10h et 17h-19h30). Vous n’êtes pas là pour tester la solidité des épaules des locaux qui rentrent du boulot. Visez 11h du matin pour une lumière douce sur les mosquées ou 15h pour finir en beauté avec le coucher de soleil à Salacak. En semaine, c’est le luxe total ; le dimanche, c’est l’aventure humaine en famille. À vous de choisir votre niveau de chaos.

Quel budget prévoir pour cette escapade sur la rive asiatique ?

C’est l’un des plaisirs les moins chers de la ville, un vrai bonheur pour votre portefeuille. Comptez environ 25 TL pour le trajet en ferry (Vapur) avec votre Istanbulkart. Un Çay face à la Tour de Léandre ? Entre 20 et 40 TL selon l’établissement. Ajoutez un Simit bien croustillant à 15 TL et vous avez un festin royal pour à peine 2 EUR (soit 100 TL). Üsküdar reste très abordable par rapport à Sultanahmet, profitez-en.

Est-ce que mes baskets de ville suffiront pour arpenter Salacak ?

Oubliez les talons ou les semelles trop fines, sauf si vous voulez finir la journée chez l’ostéopathe. Üsküdar se mérite. Entre les pavés parfois traîtres autour de la mosquée de Mihrimah Sultan et la longue promenade vers Salacak, vos pieds vont chauffer. Optez pour de bonnes chaussures de marche. L’accessibilité s’est un peu améliorée sur les quais, mais les ruelles qui grimpent vers le haut du quartier ne pardonnent aucun faux pas. Pragmatique, je vous dis.

Conclusion

Quitter la rive européenne, c’est un peu comme s’enlever une chaussure trop serrée après une journée de marche : on respire enfin. Üsküdar n’est pas là pour vous éblouir avec des néons ou des menus traduits en six langues ; elle est là pour vous rappeler que cette ville possède une âme qui ne se laisse pas enfermer dans les files d’attente des musées de Sultanahmet. C’est le contrepoids indispensable, le moment où Istanbul cesse d’être une carte postale pour redevenir une évidence.

On s’épuise souvent à chercher des expériences « exclusives » ou des adresses secrètes, alors que le spectacle le plus grandiose de la métropole se joue chaque soir, gratuitement, sur les marches de Salacak. Pendant que les foules se bousculent pour un cocktail hors de prix sur un toit-terrasse de Beyoğlu, faites-vous une faveur : asseyez-vous sur un tapis un peu fatigué, commandez un Çay bien serré et regardez le soleil s’effondrer derrière la silhouette des minarets.

À 15 TL le verre — soit à peine 0,30 EUR, de quoi faire pleurer de rire votre banquier — vous tenez entre vos mains le seul vrai luxe qui compte ici. Ce n’est pas qu’une simple visite, c’est la seule façon de comprendre pourquoi, malgré le chaos et le bruit, on finit toujours par pardonner à cette ville. On se retrouve sur le quai ?

Besoin d'un guide francophone a Istanbul ?

Pour transformer ces conseils en experience concrete, reservez une visite guidee privee avec accompagnement local en francais.

Partager : Twitter Facebook
Retour a l'accueil
Par

Commentaires